Note : 22,67/100

Challenger

Portrait d'Alban Ivanov en boxeur ensanglanté, incarnant Luka Sanchez sur un ring de boxe dans le film Challenger.
Challenger - Alban Ivanov dans le peau de Luka Sanchez, un boxeur raté à qui la chance va peut être sourire...

On nous l’avait baillé comme une sorte de Rocky à la française, l’outsider amiénois qui nous ferait vibrer l’âme entre deux lazzis d’Alban Ivanov. Quelle déconvenue (ou pas…) ! Au terme d’une heure et trente minutes de joute, c’est le chaland qui se retrouve dans les cordes, quêtant désespérément quelque arbitre charitable pour mettre fin à la boucherie.

Le casting : entre camelot de luxe et figuration de fortune

Point ne se leurrons : si j’ai consenti à lancer la pellicule, c’est en grande partie pour PEF. Je l’avais entrevu dans la bande-annonce, j’espérais quelque rôle de composition savoureux… et me voilà gratifié de quelques bribes fugaces à l’écran. C’est ce que les bretteurs du commerce appellent un produit d’appel, et à ce degré de filouterie, cela frise la réclame mensongère.

Mais bon, recollons assez promptement les brisements de mon cœur et poursuivons, offrons une chance à l’œuvre. Malheureusement, un protagoniste va rapidement venir émietter ce qu’il reste de mon palpitante et horripiler les restes de mes organes : Freddy, incarné par Alexandre Antonio pourtant plein d’envie et d’ardeur. L’adage se vérifie ici avec une cruauté exemplaire : comédien est un état, un art long, une discipline de moine. Être godelureau des réseaux ne confère point de don du ciel pour la scène. Entre un personnage taillé à la serpe et une direction d’acteur mal orientée, Freddy beugle à tout propos et ne nous inspire que l’envie de boucher nos oreilles. C’est manqué, c’est navrant, et c’est un déroute de toute la troupe.

L’écriture : la nuance ? Nenni, l’on ne connaît point.

L’on eût pu tenir là une belle chronique d’ascension sociale, une de ces fresques roboratives qui font mouche. À la place, l’on nous sert une nomenclature de poncifs. Sitôt que Luka Sanchez, campé par Alban Ivanov, touche quelque pécune, l’on bascule dans une caricature bling-bling d’une outrance confondante. Démarche de paon, fringale de clinquant, morgue de nouveau riche… c’est pesant, c’est commode, et cela pèche par un manque abyssal de substantifique moelle.

Quant à la romance nouée avec Audrey Pirault – l’une des rares bouffées d’air frais de l’entreprise -, elle survient comme mars en carême, sans crier gare ni ménager la moindre transition. On voit qu’ils préparent quelques choses, mais nul n’y croit. Un becquetage final auquel point âme qui vive n’accorde créance. Et pour cause : rien ici ne se tient, rien ne s’emboîte, rien ne forme corps.

Le Miracle Technique : Le seul round emporté

Contre toute attente, c’est précisément lorsque l’on ne guette plus aucune babioles du film qu’il nous surprend de belle manière. D’ordinaire, les pellicules sportives filment leurs rencontres avec l’entrain d’une partie de boules entre anciens combattants. Sans cadence et sans chaleur. Ici, le combat final est techniquement irréprochable.

La chambre noire est à la bonne place, le montage est alerte et nerveux, et, ô prodige, les commentaires sportifs sonnent justes et vrais ! Le pugilat entre Luka Sanchez et Joshua CamaraJonas Dinal -, c’est crédible, c’est net, c’est plaisant à l’œil et à l’oreille. Ce qui rend plus rageant encore de contempler pareil soin apporté aux images, quand le scénario, lui, a visiblement été torché promptement.

Verdict : un auto-KO

Challenger ne rend point hommage à Rocky, il le pastiche maladroitement sans la profondeur, sans la puissance. Si l’on se déride parfois grâce à un David Salles impeccable, ou lors d’un (trop) rapide passage en mode gitan d’Ivanov qui arrache quelques sourires, le reste n’est qu’un enfilage d’incohérences et de rôles mal embouchés.

Les points de la note finale vont, en tout leur entier, au combat final, à David Salles et à la fraîcheur point feinte d’Audrey Pirault. Pour le surplus, l’on jette l’éponge, et la serviette avec.

❤️ L’ultime combat, avec une caméra et une réalisation soignée
❤️ La fraîcheur d’Audrey Pirault et la juste des bouffonneries de David Salles

💔 Un scénario prévisible
💔 Une direction désorientée et incohérente

Note : 22,67/100

Le combat final aurait pu être un uppercut bien ajusté mais, à l’instar du dernier coup tenté par Luka Sanchez, le film manque sa cible, perd l’équilibre et s’inflige, droit dans son menton, un auto-KO des plus dévastateurs.


ProductionArthur
Yohan Baiada
Nora Melhi
Les Enfants Terribles
Alef Two
RéalisationVarante Soudjian
ScénarioVarante Soudjian & Thomas Nlend Pone
Sortie2024

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