Note : 25,67/100

Dark Murders

Portrait sombre de Jim Carrey en Tadek, un policier barbu au regard fatigué, plongé dans une atmosphère froide et oppressante.
Le policier Tadek, marqué par l’enquête, dans une scène clé de Dark Murders.

Il y a des films qui ratent leur cible. Et puis il y a Dark Murders (Dark Crimes en VO), qui ne semble même pas savoir quelle cible viser. Attiré par la curiosité de voir Jim Carrey dans un registre sombre, j’en ressors avec un goût amer et une certitude : ce film est un naufrage à plusieurs niveaux. Attention, je ne parle que de la VF dispo sur Prime Video !

Une ambiance qui s’effondre sous son propre poids

Dès les premières minutes, le film pose une atmosphère oppressante, sombre, presque suffocante. Le problème ? Elle est tellement forcée qu’elle devient contre-productive. Les plans s’éternisent sur les visages, cherchant manifestement à créer un malaise, mais ne génèrent qu’un ennui profond. On attend que quelque chose se passe, que la tension monte, mais rien ne vient.

Mais surtout, et je pense que c’est le coupable principal de mon ressenti global, il y a ce doublage français catastrophique sur Amazon Prime. Des voix plates, robotiques, sans la moindre émotion même dans les moments censés être intenses. Résultat : toute tentative de créer une tension tombe à plat.

L’ambiance glauque voulue par les réalisateurs s’évapore instantanément, remplacée par un vide sidérant. C’est simple : le doublage assassine le film.

Une histoire vraie trahie et dénaturée

L’affaire Krystian Bala est fascinante en soi : un écrivain narcissique commet un meurtre sur un inconnu, puis livre des détails si précis dans son roman qu’il finit par se faire arrêter. C’est glaçant, c’est réel, et cela aurait mérité un traitement respectueux.

Au lieu de cela, Dark Murders prend juste l’idée de base – un écrivain aoue son meutre dans un livre – et la noie sous des ajouts sensationnalistes : club BDSM ultra glauque, scènes de violence sexuelle choc, flic qui bascule, et Charlotte Gainsbourg en femme fatale vengeresse. Tout cela n’a pas grand chose à voir avec l’affaire réelle. Le film transforme une enquête criminelle complexe en polar générique sans profondeur, et surtout sans consultation de la famille de la victime semble-t-il. Utiliser une histoire vraie comme faire-valoir pour vendre du malaise gratuit, c’est non seulement paresseux, mais profondément irrespectueux.

Dark « Murders » au pluriel : un titre révélateur

Pourquoi ce pluriel alors qu’on ne parle que d’un meurtre dans l’intrigue principale ? Certains parleront de foreshadowing, pluriel annonçant qu’il n’y aura pas que le crime de l’affaire principale durant le film, et ils n’ont pas forcément tord. Mais en creusant, on trouve encore d’autres victimes :

  1. le cadavre initial de l’enquête donc ;
  2. un autre personnage important semble mourrir également même si la scène est si sombre qu’on n’est pas sûr de ce que l’on voit ;
  3. mais aussi ces femmes victimes de violences filmées, violées, détruites psychologiquement à l’image du personnage de Charlotte Gainsbourg, toujours (sur)vivantes physiquement mais tuées intérieurement ;
  4. La vérité elle-même d’une triste affaire sordide, massacrée et déformée en spectacle glauque.

Ce dernier point est peut-être le plus problématique. Si le film voulait porter un message sur les violences faites aux femmes (le « meurtre » de leur âme), pourquoi l’accrocher à une affaire réelle qui n’a absolument aucun rapport avec ce thème ? L’histoire vraie de Krystian Bala parle d’un narcissique cherchant à prouver sa supériorité intellectuelle, pas de violences sexuelles systémiques. C’est une récupération maladroite et opportuniste.

Jim Carrey sacrifié sur l’autel du doublage

Je ne vais pas mentir : c’est Jim Carrey qui m’a poussé à regarder ce film. Le voir dans un registre aussi éloigné de ses rôles habituels, c’était intrigant. Malheureusement, le doublage français a tout détruit.

Ces voix sans vie, ce manque total d’intonation, ce robotisme général ont vidé chaque scène de sa substance. Peut-être que le film aurait été meilleur en version originale, probablement même. Mais le mal est fait, et je n’ai aucune envie de retenter l’expérience.

C’est peut-être un choix artistique, de proposer des voix à l’image du tueur ou des victimes de violence : vidées de leur âme et de leur émotion, mais je n’ai pas aimé.

Verdict : un film qui ne mérite pas votre temps

25,67/100, c’est suffisamment bas pour être clair : évitez ce film. Je ne mets pas zéro parce que le sujet initial (l’affaire Bala) avait du potentiel, et parce que je suis convaincu que le doublage a empiré les choses. Mais même en étant généreux, ce score reflète ce que j’ai ressenti.

À moins d’aimer le glauque gratuit sans profondeur narrative, passez votre chemin. Et même dans ce cas précis, vous risquez fort de regretter ces deux heures perdues.

❤️ Jim Carrey dans un registre sombre

💔 Le doublage sans âme et sans émotion.
💔 Une histoire vraie bafouée et non respectée.

Note : 25,67/100

Dark Murders, en VF encore une fois, n’est pas seulement un mauvais film. C’est un gâchis : de temps, de talent, et surtout de respect envers une histoire vraie qui méritait bien mieux.


Société de productionDune Entertainment
Opus Film
InterTitle Films
Los Angeles Media Fund
RéalisationAlexandros Avranas
ScénaristesJeremy Brock
Sortie2016
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